Harper

Qu'est ce que c'est ?
Le Harper est une hyper-flexion du jarret quand le cheval est en mouvement. C’est un cheval qui fléchit son jarret de façon brutal et prolongé. C’est un mouvement involontaire. On remarque souvent que le boulet du postérieur atteint touche le ventre. C’est une maladie qui touche les postérieurs et elle peut être bi-latérale.

Les facteurs du Harper ?
Il existe 2 causes de cette maladie :

Le Harper Classique :
- Maladie nerveuse
Harper - Lien photo
- Dégénérescence du nerf sciatique et/ou fibulaire
- Affection de la moelle épinière
- Facteurs toxiques
- Lésion articulaire du jarret ou du grasset
- Traumatisme

Le Harper Australien :
- Empoisonnement par une ou des plantes :
- Porcelle Enracinée 

- Porcelle des sables
- Pissenlit commun
- La mauve

Cette neuropathie serait due : à une toxine contenue dans les plantes ou des mycotoxines dans le sol ou peut être à une carence en vitamine B. Il est donc nécessaire de surveiller les pâtures ou se trouve nos chevaux. Mais une étude à exposer des chevaux avec de la porcelle et n’ont pas reproduit la maladie, il n’y a donc pas de lien clairement établi.

Suite à un écrit de Dehlinger en 2003 : « Une approche plus globale considère qu’un élément de l’arc réflexe est lésé, car il conditionne le tonus musculaire et la coordination de contraction des différents muscles et ceci dans les 2 formes de Harper. Pour la forme australienne, il s’agirait d’un nerf périphérique et pour la forme classique, une composante centrale. Quand un traumatisme est rapporté, ce serait alors la composante musculaire qui entrerait en jeu. »

Signes du Harper ?
C’est simplement l’hyper-flexion du jarret. Elle peut être bi-latéral. Il y a 5 stades de la maladie :

- Stade 1 : Hyperflexion quand le cheval recule, qu’il tourne ou qu’il est stressé.

- Stade 2 : Hyperflexion au démarrage au pas ou au trot, accentuée quand l’animal recule ou tourne court, ou quand le vétérinaire saisit un postérieur.

- Stade 3 : Hyperflexion modérée : tout au long du pas ou du trot, plus marquée quand le cheval démarre ou s’arrête ; il se désunit au petit galop ; le(s) postérieur(s) ne va(vont) pas toucher le ventre ; le reculer et les virages sont un peu difficiles.

- Stade 4 : Hyperflexion sévère : le(s) postérieur(s) va(vont) toucher le ventre de l’animal à toutes les allures, même à l’arrêt ; le trot, le reculer et les virages sont difficiles.

- Stade 5 : Le cheval ne peut se déplacer qu’en sautillant ; le(s) postérieur(s) reste(nt) hyperfléchi(s) plusieurs secondes de suite à l’arrêt.

On remarque que la forme classique est plus souvent unilatérale ou bilatérale parfois avec un membre plus atteint que l’autre. La forme australienne est majoritairement bilatérale avec bien sûr un membre plus atteint que l’autre.

Il y a généralement une atrophie musculaire sur les muscles extenseurs de la jambe ainsi que les fléchisseurs dans les cas plus graves.

Diagnostic ?
C’est le vétérinaire qui confirmera la maladie grâce à une bonne observation statique et dynamique ainsi que son stade. Une épidémiologie peut permettre de trancher entre la forme classique ou australienne.

Harper et Médicament ?
Forme classique : Il n’y a souvent pas de rétablissement spontané mais on peut tenter de mettre le cheval au repos.

Le vétérinaire peut proposer des médicaments qui agissent sur la perception et la proprioception du cheval grâce au « Baclofen » et la « Phénytoïne ». Il y a également des prescriptions de vitamine B1 (thiamine) avec ou sans succès selon les cas.

Il existe un traitement chirurgical pour les cas sévères (exérèse une portion du tendon extenseur latéral du doigt), l’amélioration est plus ou moins significative. Son prix est d’environ 1500€.

Traumatisme : Pour les chocs, on remarque que l’exercice, marche en main pendant 4 semaines et repos permet d’améliorer la guérison.

Forme australienne : Il suffit de retirer le cheval de la pâture incriminée pour le mettre dans une pâture saine sans « mauvaise herbes ». Normalement une fois les conditions de vie changées, le rétablissement est souvent visible en 6 à 12 mois mais varie également en fonction du grade, elle est plus longue pour les chevaux très atteints (logique).

Conseil ?

- Le stress de l’animal peut aggraver les symptômes.

- L’animal ne doit pas avoir froid même s'il est au pré. Le froid provoque des micro tremblements pour que le cheval réchauffe cette zone. Mais si elle a lieu au niveau de la croupe, les nerf sciatiques sont mis à rude épreuve.

Même si le cheval est un animal rustique dans ce cas précis une couverture léger et imperméable sur les reins est indispensable !

En ce qui concerne le pronostic de la forme classique, il est réservé à favorable en fonction des effets du traitement alors que la forme australienne est favorable.

Thérapie Manuelle et Harper ?
Il est nécessaire de faire voir son cheval régulièrement par un ostéopathe qui ne peut qu’aider le cheval à se sentir mieux dans son corps.

Cependant le rôle du physio est plus important ici, car il peut suivre la pathologie et aider le cheval si il rencontre des soucis notamment au niveau musculaire et neurologique. Il adaptera ses séances en fonction de l’évolution du cheval. Le petit plus du physio, les enveloppements au niveau de la croupe permettra un échange de minéraux et de toxines. Qui ne sera que bénéfique au cheval !

Si le cheval est opéré un suivi post-opératoire est conseillé pour améliorer le rétablissement.

Bibliographie :
- Harper Australien - G. COLLIGNON
A bientôt !

2 commentaires:

Noella a dit…

Merci pour cet article très instructif
Cette affection est observée depuis longtemps chez les chevaux mais souvent méconnue.

Emeline Millot a dit…

Merci ;)
Souvent méconnue et les articles sur le net, ne sont pas tous informatifs...