Communiquer : des sabots à la tête du cavalier.

Suite à plusieurs conversations passionnantes, je me suis rendu compte que la correspondance humaine est complexe, alors entre humains et animaux, imaginez l’impénétrabilité.

Suite à des recherches personnelles, j’ai découvert que la communication entre deux humains s’effectue par plusieurs moyens :
- La communication verbale pure (les mots) : 7%
- L’expression vocale : 38%
- La communication gestuelle : 55%

Globalement avec les différentes études menées sur la communication humaine (Albert Mehrabian / Robert Rosenthal), on remarque que les messages verbale représente moins de 10% des échanges. Les tests en question ont permis de saisir et de mesurer à quel point l’intelligence sensible entre individus passe par des processus inconscients dans lesquels les mots n’occupent qu’une place mineure.
Cette communication inconsciente dite subliminale représente des micro-mouvements. Ils sont subtils, impossible de les identifier à l’oeil nu mais ils sont clairement perçus par notre inconscient et permettent d’améliorer une relation et de la comprendre car ils sont authentiques et souvent incontrôlable.


Nostalgie ?
Depuis notre tendre enfance nous travaillons nos postures, notre façon de parler, nous nous déshumanisons pour rentrer dans une case, un moule, un standard. Plus nous travaillons sur nous même et plus il est difficile de se déchiffrer car nos gestes sont contrôlés, ou pire encore, ils sont travaillés à l’extrême afin de nous manipuler (l’homme politique, l’orateur, le séducteur, le joueur de poker). Il est également courant de cacher nos émotions, on ne pleure pas en public, on ne se dispute pas en public… Suite à notre façon de faire, il est courant finalement que l’on se comprenne de moins en moins car nos corps n’expriment pas pleinement ce que l’on éprouve ou ce que l’on pense. Nous n’accédons plus à cet inconscient, à notre feeling ou même à nos sentiments. Sommes nous en train de nous fermer ?

Le 21ème siècle est une période de l’hyper-connexion, nous sommes dans une société qui place « les mots » avant les émotions et le ressentit direct. On se met des barrières entre nous, on se contrôle, on reste collé devant nos portables avec des messages virtuels sans avoir un retour émotionnel convenable. Les emoticônes remplace notre gestuelle mais est-il vraiment possible de se synchroniser sans se voir ?
Connexion entre deux âmes
C’est en achetant des livres sur la synergologie ou la communication gestuelle, je découvre que malgré notre éducation, notre corps réussit quand même à faire passer un message. Chaque geste a une signification particulière. Peut-être un peu loufoque dans certains exemples des livres mais globalement il nous montre l’ouverture à la conversation, la colère, la séduction ou encore le rejet, la honte et bien d’autres via certains gestes précis.
Une Gratouille *__*

Finalement il suffirait simplement de nous laisser aller pour mieux nous exprimer, yeux dans les yeux et laisser notre corps danser sous nos paroles. Quand je discute avec mes clients, j’observe de plus en plus leurs mouvements pour mieux les appréhender et donc mieux les cerner afin d’aider leurs animaux. Entre humains nous avons déjà du mal à nous déchiffrer, alors appréhender notre compagnon de vie à 4 pattes ? N’est il pas plus dur de communier quand on est dans le contrôle ?


En tant que naturopathe mon but est d’aider le propriétaire canin mais surtout équin à réaliser le mode de fonctionnement biologique de son animal afin qu’il soit en bonne santé. Mais aussi de le comprendre tout court. Sachant que nous accordons plus d’importance aux « mots » plutôt qu’à notre corps il est donc difficile d’échanger avec un cheval qui lui, au contraire de nous, s’adresse à 95% avec son langage corporel ET ne possède que 5% de vocalise.

C’est en essayant de m’ouvrir aux humains (-__- c’est compliqué quand on est introvertie), que j’ai commencé à mieux discerner ce que mes animaux expriment. Je pensais connaître les chevaux un minimum depuis le temps que je les côtoie mais je me rends compte qu’au final, on est nombreux à ne pas faire attention à son compagnon. FOCUS je ne parle pas de l’éthologie et leurs méthodes de travail qui est déjà une approche gestuelle plus équine, mais vraiment SA perception vis à vis de son cheval et de l’attention qu’on lui porte.

Il se passe un truc?
Il faut savoir que le chien et encore plus le cheval, nous lisent d’un coup d’oeil, ils nous connaissent mieux que nous même, ils discernent nos émotions même les plus enfouies, celles que nous cachons, ils savent nos secrets les plus intimes, ce sont des éponges émotionnelles. Nous ne pouvons pas mentir à un animal, c’est une relation honnête. Mais c’est seulement en appréciant ce qu’ils ressentent que l’on sera digne de confiance et respecté !


Que ressentez vous ? Et qu’est ce qu’il ressent :
Comment vous lui dites bonjour ? Comment vous mettez le licol ? Demandez-vous sa permission ?
Pendant le pansage est ce que vous faites attention à ce qu’il ressent ? qu’aime t’il comme brosse ? comme gratouilles ? Est ce que l’odeur de tel produit lui convient ?
Est ce que vous prenez le temps quand vous êtes avec lui ? Est ce que vous prenez en compte ce qu’il pense pendant le travail ? prenez vous le temps de comprendre sa peur, sa douleur ou même sa joie ?

Généralement je vois des personnes automatisées lors de leurs contact avec leurs chevaux : on l’appelle, on met le licol, 5 minutes de brosse, habillement, TRAVAIL, on rentre et si le cheval a de la chance il aura une carotte et dans le pire des cas il devra subir tout ce cinéma sans bouger, sans broncher donc sans s’exprimer. On conditionne les chevaux à devenir « autistes » et donc à ne pas faire confiance à leur cavalier ou même aux humains.

Il y a aussi le cavalier, qui pense faire au mieux en prenant le temps avec son cheval mais qui n’essaye pas de l’inclure.


L'Equilibre : Osteonimaux
Lors de mes séances d’ostéopathie, massages, algothérapies, j’aime de plus en plus sensibiliser les propriétaires au ressenti de leur cheval lors du soin. Pendant une séance le cheval a le droit de bouger, de dire non (sans violence), de regarder, de sentir mes mains, de montrer un peu d’affection et surtout de se laisser aller. Mais également lors de mes stages de massages où le ressenti a une place primordial.

La compréhension du ressenti du cheval lors d’un soin, d’un moment, pendant le travail est une façon de se rapprocher de lui. Attention la sensation de chaque mimique est très personnel : l’humain A et l’humain B n’auront pas les mêmes mots mais au final ils se comprendront. Au fur et à mesure des mimiques apprises, nous serons plus à même de savoir si son cheval aime ou n’aime pas tel ou tel chose, ou si il se sent bien, ou simplement ce qu’il pense.


C’est en s’ouvrant vraiment à la communication humaine avec le lâcher prise de ses propres émotions et de laisser son corps s’épanouir qu’on sera plus à même d’être à l’écoute des autres mais aussi des animaux. En laissant notre subconscient intervenir afin de devenir mi-conscient et de pouvoir interpréter les mimiques de nos animaux. Pour aller plus loin je vous invite à lire les livres de ma bibliographie qui sont à la fois pour les humains et pour les chevaux.

Mais surtout je vous invite à observer vos chevaux au paddock, au box, avec d’autres personnes, avec vous, au pansage et essayer de mettre des mots sur ce que vous ressentez à tel moment ou d’interpréter les mimiques du cheval.Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, simplement nous, notre passé, nos pensées, notre sensation. Au fur et à mesure de ces observations passives, il sera plus facile d’utiliser ce ressenti lors du travail à pied, en longe et même monté. L’éthologie aura encore plus sa place après avoir développé une connexion intime, sentimentale et personnelle avec les chevaux.


« Deux être vivants à qui l’on demande de collaborer harmonieusement doivent se comprendre pour parvenir à un résultat »
Colonel Aloïs Podhajsky (Ecole de Vienne : Lipizzan)


Bibliographies :- Ces geste qui vous trahissent de Joseph Messinger
- Les codes inconscients de la séduction de Philippe Truchet
- Communiquer avec son cheval de Véronique de Saint Vaulry
- Parler aux chevaux autrement de Carlos Pereira

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